Recollage de confetti du passé

Ah je suis pas très bon pour conserver, bichonner et capitaliser les choses du passé, moi, hein… Pas bon du tout, même…. Mais, allez savoir, peut-être que le but caché et inconscient (comme dirait l’autre) de ce blog est de rassembler des confetti épars pour arriver finalement à l’unité d’un homme (comme disait encore un autre…).

(note pour la correctrice : non, non, « confetti » ne prend pas de « s », bien sûr…)

Grâce à un mail récent de Serge Hurstel je viens d’avoir quelques nouvelles de Vincent Fallacara (qui officie dans le très excellent groupe Torso), un artiste qui a eu la lucidité et le bon goût de ne pas donner dans les compromissions faciles du « commercial », à l’heure où il était si commun de passer sous les fourches caudines du mercantilisme universel…

Bon, allez, on va pas rentrer dans les détails :  Serge et Vincent, j’ai croisé les deux, c’est selon, entre boulot et syndicalismes de toutes natures, entre Krutenau et Esplanade, entre p… (on pourrait presque le dire, y’a prescription…)  et concert…

Et bon, Vincent a quand même réussi l’exploit d’organiser une manif contre la mort, si je me souviens bien  ;-o))   Enfin ça fait longtemps…

Donc je les salue bien bas tous les deux !…

Le site de Torso

La page de Torso sur Myspace

Message pour Serge : moi aussi j’aime bien les hautes herbes et les fleurs des champs et aussi les petites abeilles, mais… comme je suis un peu dégénéré comme VinZ  j’adooorais son univers « urbain »  ;-o))

Message pour VinZ : au fait ça me rappelle que je t’avais écrit un début de texte il y a quelques années, mais ça ne doit pas rentrer dans ton univers urbain, bou – ouh – ouh – sniff  ;-o))

 

Pochette Torso "Rien de nouveau - en quelque sorte"

 

VinZ

VinZ

 

La chronique de Serge :

 

VinZ,  QUI  ES-TU  ?   ET  OÙ  VA-TU  ?

Chers amis mélomanes,

Heu, c’est encore moi,

Merci pour votre indulgence pour mes intrusions à répétitions, Vincent Fallacara (TORSO) est un copain.

« Connaissez-vous le groupe de musique rock strasbourgeois dénommé TORSO (2002 – ) ? Voici un petite note personnelle d’humeur [de bonne humeur, si, si, si !] rédigé à son sujet (et dont le contenu n’engage que son rédacteur) [i.e. et pas ce groupe].

N’ayant toujours pas pu écouter le dernier album de TORSO, « rien de nouveau [en quelques sortes] », je prendrai pour point de départ … la pochette de celui-ci (ça fait un peu court je le reconnais !) et les trois albums précédents : TORSO (Nijinski), 9 : Solfatares et Eloge de la compression.

Pour moi, cette nouvelle pochette de disque du groupe strasbourgeois TORSO animé par VinZ (Vincent Fallacara, Saverne, Alsace) et son comparse AlexXx marque une rupture par rapport à l’imagerie passée de ce groupe, ou plutôt, ce que je prenais dans une approche personnelle peut être trop superficielle pour l’imagerie [j’aurais presque pu dire à l’époque: « le fond de commerce »] de ce groupe.

Par le passé, les pochettes de TORSO / VinZ représentaient des voies ferrées, des zones industrielles, d’arides contrées (Mars ?) [il y avait bien quelque chose à l’horizon, cependant], des boursouflures volcaniques (résidus de gouaches ?). J’avoue que j’étais un peu dérouté. Rien de très humain dans tout ça, ni même de tout simplement vivant.

D’autre part je trouvais – en une première impression toujours peut être un peu superficielle -, les paroles des morceaux de TORSO très (trop) sombres et je me demandais : « comment peut-on faire son miel d’une noirceur pareille ? » (je déteste le hard Rock). J’ai en effet été un adolescent pustuleux dans les seventies – grosso modo une dizaine d’années avant VinZ -, et au train où vont les choses, il semblerait que cela fasse beaucoup (moi, j’aime bien les hautes herbes et les fleurs des champs et aussi les petites abeilles).

La pochette du dernier album de ce groupe [que je n’ai toujours pas pu écouter, donc] nous présente le tronc d’un arbre. Mort ? Calciné ? A l’arrière plan, s’agit-il d’un incendie de forêt ? Je ne sais pas encore. Mort peut être, soit … et encore, ce n’est pas sûr, après tout (je préfère le penser vivant), mais d’un arbre indéniablement. Arbre sur lequel quelques pousses vertes pourraient bien apparaître à l’occasion.

C’est peut être même déjà fait.

 Un certain « retrait de ce monde », un certain nihilisme, voire une attirance pour le morbide et la mort, n’auront-ils finalement pas le dernier mot dans l’oeuvre musicale de TORSO / VinZ ?

 Pour avoir un peu côtoyé cet artiste d’intérêt (l’animal !), moi qui aime ses textes [dommage d’ailleurs que des albums comme Torso (Nijinski, Acte I et II) ou Eloge de la Compression, ne comportent pas les textes de VinZ couchés sur le papier], je crois pouvoir affirmer que la tentation du retrait du monde, celle d’une certaine morbidité, la tentation d’afficher parfois une absence d’empathie avec son prochain, n’auront pas le dernier mot dans l’oeuvre de ce musicien.

Il m’est apparu, tardivement il est vrai (je n’ai vraiment écouté Eloge de la Compression qu’il y a quelques jours, …  ; je ferai pour ce qui me concerne volontiers à l’occasion une éloge de la lenteur), ou du moins c’est ce que je veux aujourd’hui voir dans la production de TORSO, qu’un formidable élan de vie [« Mon cœur se brise souvent mais se répare très vite »] est au contraire à l’œuvre dans les chansons de VinZ, et ceci d’ailleurs depuis les débuts, puisque VinZ a justement choisi de ne pas devenir personne, de ne pas se dissoudre dans le néant, l’anonymat, donc de rester humain [« tout le monde ressemble à personne »], de ne pas rester indifférent (en mettant justement le doigt là où ça fait mal, plutôt que de faire mine de ne rien remarquer) et de dénoncer – à sa manière -, les errements de diverses sociétés humaines de ces dernières décennies, dans une approche historique d’ailleurs tout à fait intéressante.

De ne pas devenir un homme « unidimensionnel » même si VinZ semble avoir une certaine fascination pour la ligne droite, au risque de valdinguer dans le décors ou dans le néant [alors que je le vois personnellement plutôt comme un homme de la Renaissance, un génial touche à tout, s’adonnant à travers ses récitatifs (il paraît qu’on dit « spoken words » maintenant) à un Art presque aussi total que l’Opéra].

Il faut dire que VinZ dispose d’un physique tout à fait avenant, et semble théâtraliser parfois pas mal son jeu de scène.

De réaliser une critique sociale [critique de l’ineptie de certaines images télévisuelles qui envahissent nos demeures, critique des appels à la délations passés et de ceux peut être à venir, critiques de systèmes sociaux qui ne semblent parfois plus tenir que par « l’enchevêtrement de lignes » (de force), critique d’un « meilleur des mondes » (parfois d’une cruauté sans nom, en l’occurrence sans mot de VinZ dans le morceau en question -, souvent injuste), critique des financiers et des grands entrepreneurs barricadés dans leurs tours d’ivoire (bien avant 2008), dénonciation de la misère matérielle et culturelle qui envahit nos rues], que VinZ s’efforcera, j’espère, à l’avenir, de mettre le mieux possible – sans dénaturer la beauté et la poésie de cette critique qui fait sa force -, à la portée des jeunes générations (étudiants, jeunes adultes), qui doivent constituer, je suppose, une bonne partie de son auditoire.

C’est du moins ma vision des choses.

Vus sous cet angle, les textes passés de VinZ, parfois déroutants au premier abord par leur caractère très sombre, deviennent de formidables machines à penser (panser, malgré tout ?) notre monde (même si parfois le chanteur reste tenté de lui balancer de la chaux vive dessus) et même à (lui) lancer de véritables cris d’amour [pensons à sa chanson d’amour (sic) : Je Dirige Mes Pensées Vers La Base Des Flammes].

« L’Eloge de la Compression » (qui n’a rien à voir avec un comité de sauvegarde ou de libération de fichiers informatiques) pouvant s’entendre, alors SELON MOI ! , non pas comme l’éloge de la nécessité du passage d’un rouleau compresseur sur la sensibilité des hommes, ou comme une sorte de refoulement freudien, ou encore l’éloge de la répression totalitaire de toute tentative de réfléchir au monde qui nous entoure, répression que dénonçait Herbert Marcuse si mes vieux souvenirs sont exacts [il n’y a pas lieu de faire l’éloge de telles plaies ! Non d’une pipe en bois !] mais comme une Eloge de la Pensée elle-même, même si celle-ci est douloureuse et que son exercice nous écartèle parfois entre des contraires difficilement conciliables.

Ainsi qu’une Eloge du devoir de mémoire et de la fécondité d’un travail d’anamnèse dans la vie d’un homme (sic).

Un appel aussi à se cultiver et à s’ouvrir sur l’autre, ne pas se complaire dans l’absence de repères.

Un message à la gloire de la vie et non de la mort à laquelle il serait stupide de vouloir laisser le dernier mot, VinZ.

« Je compresse et décompresse, donc, je suis ».

Les textes de TORSO me semblent alors véhiculer un message politique fort – au sens étymologique le plus noble possible du terme -, à l’attention de leurs auditeurs et lecteurs, d’autant plus fort que la façon dont ils peuvent nous interpeller provient certainement de leur noirceur, certes (gommer totalement cette noirceur reviendrait certainement à effacer une grande partie de l’originalité du travail poétique de VinZ, à l’aseptiser) – excès de noirceur qui peut au contraire aussi agir comme un repoussoir sur l’auditeur -, mais surtout de leur poésie.

Tout le contraire du nihilisme et du relativisme (j’ai mis le temps à le comprendre, mais maintenant, ça y est) qui font que « toutes sortes de choses (propos, loisirs, choix culturels, activités sociales, professionnelles, produits culturels, pensées, opinions, professions de foi, civilités et incivilités, vie, mort…) pourraient se valoir ». Une approche très intéressante.

Donc, « le moins que l’on puisse dire », des textes et des musiques qui ne laissent pas indifférents même lorsque l’on n’a pas, comme moi, le début du commencement de l’idée de savoir à quel mouvement musical au juste rattacher le travail de TORSO / VinZ / AlexXx (en fait, cela ne m’intéresse pas vraiment, pour le moment).

Et qui donne au travail de VinZ un indéniable caractère d’universalité.

Mais ne le répétez pas trop fort, cela pourrait effaroucher l’animal. 

S’il fallait que je rattache l’univers textuel et musical de VinZ à celui d’un autre chanteur ce serait (ne possédant aucuns des repères auxquels se rattache lui-même VinZ) … … Léo Ferré.

Même esprit de révolte et contestataire (hors des chemins de la critique sociale habituelle, manifs, partis, syndicats, …) et de témoignage, même poésie exacerbée et peut être même (c’est une hypothèse envisageable), à l’avenir, même future éventuelle volonté de voir son travail prendre une multiplicité de tonalités et de directions. Sans quitter définitivement le registre de la poésie noire (confère le « roman noir » à la Thierry Jonquet), ni la critique sociale et la poétisation de réalité (à la Edgar Morin ou à la Glissant – Chamoiseau).

Je pense que se serait une bonne chose que VinZ s’inspire à l’avenir des multiples façons de faire d’un Ferré qui savait aussi bien contester, charrier des cailloux et du gravier, sortir de ses gonds, tirer à vue, que nous donner du miel et se gondoler (« Gib uns auch manchmal Honig », VinZ).

A quand VinZ et AlexXx déclamant leurs textes et jouant accompagnés d’un grand orchestre symphonique … jouant dans le registre contemporain [faudra bien] ? Autrement dit : un VinZ with strings ?

Merci, VinZ, vous poétisez notre réalité et nous donnez à penser.

Poétiser le réel, par la formidable ouverture d’esprit et le travail d’interprétation que cela autorise au lecteur/auditeur, c’est le meilleur moyen de ne pas répéter aux gens ce qu’il convient de penser, mais de donner à penser et de laisser libre de penser.

Car n’est-il pas vrai que, trop souvent : « On répète comme des singes ce qu’on nous dit de penser» [VinZ] ? .

J’ai d’ailleurs moi -même surfé lourdement sur quelques thèmes « à la mode » ci-dessus : je plaide coupable.

Je finirai par me flageller à longueur de pages moi aussi.

Merci VinZ !

Je vais (aussi) donc (re)faire maintenant « l’éloge du silence » et … me taire … »

Définitivement pour ceux que je commence à lasser (probablement de plus en plus nombreux dans ma liste de diffusion : les mélomanes).

Tchao.

Serge Hurstel [chroniqueur amateur] (pour l’occasion)

enseignant

21 juin 2009

 

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2 Réponses to “Recollage de confetti du passé”

  1. Hummm, il semblerait que la correctrice sache déjà que confetti est un pluriel italien et donc ne s’accorde pas… 😛

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