Vincent, il faut quand même que je te dise…

 

Shetland

 

Il faut quand même que je te dise :

C’est un album géant, carrément géant… Je ne suis pas sûr que tu puisses te rendre compte A QUEL POINT. Et peut-être même qu’il ne vaut mieux pas !…

Mais – tout de même… – à toi je sais que je peux dire COMBIEN il est géant.

Car je te connais. Et si j’ai payé pour apprendre qu’il ne faut jamais dire jamais, je sais pourtant aussi que tu ne deviendras pas, comme tant d’autres le sont fatalement devenus, un faiseur grisé par le succès.

Merci de surgir comme un bel ange noir, d’arpenter les rues tristes de nos villes sordides et détestables, que pourtant nous aimons tellement… Merci de daigner parfois faire un tour sous des sunlights de fortune pour délivrer tes notes, dans tous les sens du terme ;-o))

Merci d’avoir eu la lucidité, le courage, la constance, de privilégier la création avant ses apparences…

Merci de me permettre de reconnaître dans ta musique, à telle ou telle intonation qui me fut familière, que l’artiste vaut l’homme, et que l’homme vaut l’artiste, et que ce que tu fais est VRAI. Merci de susciter l’estime et l’admiration, que l’on a tellement de mal généralement à accorder à nos contemporains, et aussi cette sorte de fraternité secrète qui est le miel de la vie.

Merci parce que je ressens qu’avoir partagé quelques moments avec toi a été une sorte de cadeau et de privilège.

Crois-moi ou pas, moi qui n’ai pourtant radicalement aucune compétence pour dire cela : cet album fait d’ores et déjà partie de l’histoire. Oui, un jour, peut-être que tu me crois pas, mais un jour c’est sûr, je ne sais pas quand, dans cinq ans, dans vingt ans, dans cent cinquante ans ça je n’en sais rien, il fera partie de l’histoire de la musique, il ne PEUT PAS en être autrement.

Certes, au regard de l’univers infini, et de l’immensité des temps passés et à venir, les 1 000 ans de l’Empire romain d’Occident ne représentent pas même le craquement fugace d’une allumette dans la nuit. Certes, notre espèce consubstanciellement névrosée disparaîtra sans doute un jour, c’est mathématique, juste une question… de temps… Certes il n’est pas sûr que cela sera une si grande perte…

Je sais tout cela, et que ça nous ramène constamment au sentiment de l’inutile, que tu côtoyas comme moi… Mais, malgré tout cela que nous savons si bien, je DOIS te dire combien tu es NECESSAIRE (oui, je sais, c’est un comble…, en quelque sorte…, mais c’est bien ainsi pourtant…).

Il fut un temps où l’univers des possibles me semblait encore infini – ouvert en tout cas – et en ce temps-là je croyais parfois, en quelques occasions rares, que le sublime était au bout de nos doigts. Laisse-moi te dire : aujourd’hui je me rappelle cette émotion oubliée, parce que… le sublime est au bout de ta voix.

Il arrive parfois que même les anges, que surtout les anges…, soient un peu fatigués… Rappelle-toi toujours, alors, que comme tu le sais et l’a ressenti si fort dans ta chair : « TOUT EST TRACE ».

Et c’est bien parce que tout est trace que j’écris, que j’ose, que je lance et que je balance ces mots dans le frêle esquif qu’est mon « modeste blog », qui cependant les fera naviguer, c’est mathématique aussi…, juste une question de temps…, sur le web infini.

 

 

Album  » rien de nouveau [en quelque sorte]  » par Torso à télécharger chez  Factotum records.

 

Photo : Wind Bound Lerwick, by JD Ratter (the famous Shetland photographer), environ 1880, scannée par « ccgdn » – licence Creative Commons – Attribution – Sharealike

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :