Archive pour Eckbolsheim

Le jour où j’ai croisé Dylan… (7ter)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , on 30 avril 2009 by Jeff

(pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

 … et avec cet excellent article d’Ethel  nos chroniques dylaniennes s’achèvent pour de bon…

 

A propos de Bob Dylan ou le jet lag de 45 ans

7 avril 2009 – Paris – M° 1 direction La Défense – 19h20 porte Maillot – sortie palais des congrès.

 

Je suis le troupeau qui semble aller au même endroit que moi. Sur un mur un bout de carton déchiré « Cherche Place Dylan – 06.xx.xx.xxxx ». Le concert doit être complet depuis longtemps. Bob Dylan jouera 2 soirs. Arrivée sur le parvis un homme brandit une pancarte sur laquelle on devine de loin le profil de Bob Dylan jeune « Can You spare your ticket? » Une autre encore « cherche place gratuite ». Le prix des places est au summum de l’indécence. La place J-19 qui est la mienne a été payé 89 euros. De mémoire c’est un tarif poulailler.

Assise sur le parvis, profitant des derniers rayons du soleil, j’observe les gens en attendant Monsieur. Je me demande qui paye minimum 90 euros aujourd’hui pour voir Bob Dylan au Palais des Congrès ? Je vois un père et ses 4 ados, dont la fille porte fièrement un t shirt customisé « Dylan est à moi », des vieux, des VRP, des bobos, des gosses d’anciens baba-cool habitant aujourd’hui rive gauche.

Une BCBG, avec de longues jambes et la mini jupe noire qui va avec, cheveux tirés et le talkie dans la main droite s’approche des 2 flics à mes côtés. “Do you speak english ?”. Monsieur le policier : “Yes, I CAN!” Madame BCBG pose sa question et monsieur ne semble pas comprendre. 2 flics arrivent à la rescousse. Elle semble chercher un endroit supra VIP sans doute pour garer son coupé Audi jesaispasquoi, immatriculée 92. Les scanners des 4 flics se mettent en marche simultanément.

Mon ami arrive, nous pénétrons dans le palais des congrès. Un homme à la criée vend le programme pour 10 euros. S’agit-il d’un concert ou d’un show ? Dois-je m’inquiéter ? L’avenir nous le dira. Nous allons voir les t-shirts. Tiens, Dylan 68 ans sort un nouvel album prochainement et est toujours aussi jeune sur les produits de merchandising ! Des t-shirts avec Dylan, 20 ans pour un prix compris entre 30 et 60 euros. Wow!

Après une canette à 3.50 euros les 33cl, nous regardons défiler les gens assis sur l’escalier et les spectacles à venir dans le palais. On pourra admirer ABBA revisited ou Chantal Goya bientôt, capacité de la salle 3751 places de mémoire. Aïe!

20h, nous entrons dans la salle. Une hôtesse nous indique nos places. Comme prévu c’est le poulailler, tout en haut. L’hôtesse nous raquette une pièce pour le service rendu. On croit rêver ! Monsieur donne 2 fois 50 cts, se doutant que je ne lâcherai pas un cent.

Je me trouve à la place J19 à côté d’un monsieur de 60 ans, qui est paré une demi heure avant le début du concert. Jumelles à 5 euros main droite et Zoom miniature pour enregistrer le concert main gauche. Est-ce si exceptionnel comme concert ?

20h35 environ, le concert démarre. Six personnes entrent sur scène. Ils sont aussi grands que des cotons tiges. Tous en costards avec des bottes et chapeaux texans. Mais qui est Dylan ?!!! 2 guitares, une basse, une batterie, et 2 claviers. J’entends la voix de Dylan mais n’arrive toujours pas à l’identifier. Ah si, un chapeau diffère des autres, c’est le clavier à droite. Dylan au piano, non à la guitare? hum.

Soudain des gens quittent leur siège, dévalent les marches pour voir Dylan de près. Monsieur et moi en faisons de même. Nous n’allons tout de même pas rester vissés sur notre siège à côté de tous ces bœufs! Nous voilà devant, chez les riches qui ont du payer plus de 100 euros leur place. Dylan, vêtu de son costume bleu marine avec la rayure latérale rouge sur le pantalon et les 3 rayures longitudinales sur le dos de sa veste se planque derrière son chapeau. Je me demande si tous les musiciens ont signés avec une marque de bottes ou bien ont-il un tarif de groupe ?

Ils sont positionnés en demi-cercle et n’occupent que la moitié centrale de la scène. Ils jouent entre eux et pour eux. Le ton est donné. Je regarde longuement leur battement de pieds. Quel pied bat le rythme? Pied gauche pour la guitare solo, pied droit pour la guitare rythmique, pied gauche pour le clavier, pied droit pour la basse et pied gauche pour Dylan. J’observe la rotation de son talon gauche. Quelle chance! Parce que Dylan restera ensuite derrière son clavier jusqu’à l’avant dernier morceau.

Il semble affaibli, 68 ans tout de même! Il y a 6-7 ans je l’avais vu pêchu et accroché à sa guitare pendant tout le concert. Ce temps est révolu. Aujourd’hui ses compagnons de route, ou plutôt ses remarquables musiciens font 95 % du boulot. Ils portent Dylan et revisitent d’une certaine manière son répertoire riche et exceptionnel. Non, Dylan n’est pas mort et sa voix de plus en plus nasillarde est en place ! Ambiance country, blues, folk, voire même jazzy. C’est superbe. Certains hits sont à peine reconnaissables. Il est par ailleurs difficile voire quasiment impossible de comprendre les textes que Dylan chante!

Au bout de 2 morceaux, le service d’ordre démarre sa méthode fasciste pour remettre les gens dans leur rang. ”Retournez à vos places !”. Les riches sont obligés de se lever pour voir! Ordre et discipline! Bien. Avec une dizaine de personnes nous réussissons toutefois à trouver une alternative au poulailler, soit sur le palier à l’interface entre les riches et les pauvres. La taille des musiciens passe du format A0 au format A4. A chaque tube les lumières bleues éclairent la salle. Les boeufs accrochés à leur portable ne peuvent s’empêcher d’enregistrer, filmer, immortaliser tout celà. Pour quoi faire?

Les 18 morceaux s’enchainent. C’est brillant, irréprochable.


(Ici Ethel indique les 18 morceaux chantés, je coupe)

 

Dylan jouera 3 fois de l’harmonica mais ne touchera pas sa guitare. Blast !

Dylan sans doute fidèle à lui-même ne dira ni bonjour ni au revoir et ne regardera que très furtivement la salle sur l’un des derniers morceaux, soit 2 secondes maximum. Avant le final de Blowin’In The Wind il remercie ses musiciens. La sortie de scène me fera sourire. En rang d’oignons sur scène ils regardent (ou pas?) le public sans rien faire, sans même peut être sourire. Je suis trop loin pour voir. Dylan fait un demi tour talon gauche et sans un geste, sans un regard il quitte la scène avec ses compères qui en font de même.

Concert époustouflant mais je ne me déplacerai plus. Je me demande pourquoi il tourne encore?

Peut être que les 3751 x 100 euros minimum (soit minimum 375 K€ par soir) valent le coup de se faire chier?

Sur le chemin du retour, Monsieur me dit que c’était un peu chiant, qu’il aurait fallu le voir il y a 30 ans.

Je dirai même plus qu’il aurait fallu le voir il y a 45 ans. Je comprends pourquoi mes parents fans absolus qui m’ont biberonné avec Dylan n’iront pas voir Dylan.

La sortie de “Together through life” est prévue le 28 avril et à la maison ce sera parfait!

Ethel C. le 2009/04/14

Le blog d’Ethel

Le jour où j’ai croisé Dylan… (7bis)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , on 29 avril 2009 by Jeff

 (pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

 

En complément donc à ma petite chronique sans prétention, je reprends ici un article de Toftaky, avec lequel je suis assez bien d’accord… Mais globalement pas trop quand même… Je pense que justement nous sommes très très loin d’avoir vu « Tout Dylan » (on n’en demandait pas tant remarquez). Mais comme Toftaky est venu de Vesoul, je suis bien content que ça lui ait plu !… Je me sens plus proche, sans pour autant être nécessairement un « bobo qui écoute Radio Nostalgie », lol, de l’article d’Ethel, que je posterai demain…

 

TOUT DYLAN, DE BOB A ZIMMERMANN

22 avril, 2009 par toftaky

Bob Dylan, 68 ans, se produisait hier soir, 21 Avril, au Zénith de Strasbourg. J’y étais, n’en croyant ni mes yeux ni mes oreilles ! J’ai eu du mal à réaliser que cette légende se trouvait devant nous ce soir là à interpréter 50 ans de l’histoire des États-unis. 50 années de chansons américaines dans toute leur puissance d’évocation et de poésie dont est capable le Rimbaud de Duluth !

J’avoue que j’ai longtemps hésité à assister à un concert de Dylan, trop peur de fusiller mon rêve, l’icône rock ultime effritée par un concert de trop, tant on sait le troubadour parfois grincheux !! J’ai pris le risque parce que rien n’est éternel, tenez, son pote Cash, il est parti sans que j’ai pu l’applaudir non plus comme beaucoup d’autres…

Alors hier soir, c’était géant ! Bob était accompagné de 2 guitaristes, 1 bassiste, 1 lap steel, 1 batterie. Il se tenait sur le coté gauche de la scène, face à ses musiciens tel un chef d’orchestre, debout devant un orgue électrique électrisant. Il y passa les 3/4 du concert, sortant de temps en temps pour empoigner une guitare ou un harmonica. Le programme tournait autour d’extraits du prochain album et aussi du dernier Bootleg Series vol.8 “Tell Tale signs”, donc autour des albums “Time out of mind”, “Love and theft”, “Modern Times” et “Oh Mercy”. Parmi les pépites extraites de ces albums, quelques morceaux d’anthologie bien sur : “Masters of war”, “Like a roling stone”, “Just like a woman”…etc

Ce qui est fabuleux avec Dylan, c’est qu’il ne chante jamais comme on s’y attend ! Il réarrange, réorchestre ses vieux tubes jusqu’à les rendre méconnaissables. Tel un jazzman, il joue de ses propres mélodies et part vers d’autres horizons. On se dit : “Tiens quel morceau génial et si c’était un extrait du prochain ?” Et paf, au détour d’une phrase, on reconnait le morceau, souvent en même temps que les autres fans autour et un frisson parcourt la foule. On a les poils qui se dressent sans qu’un quelconque bateleur nous fasse battre des mains ou faire je ne sais quelle singerie à l’unisson ! Pas besoin de ça le Bob ! Pas besoin de faire son cabot, pour nous faire ronronner !!! Il fallait le voir marteler son orgue, avec quelle conviction il déroulait ses grilles d’accords. L’ambiance musicale générale était assez blues-rock, parfois boogie avec des moments quasi gospel profane. Le public était chaleureux mais sans excès peut être un peu trop de bobos venus écouter Radio Nostalgie ou RFM. Ceux là sont repartis sans avoir rien compris à ce qu’ils avaient entendu n’ayant pas ouvert les oreilles…les mêmes ont sifflé Dylan à Newport en 65 mais c’est une autre affaire…!!

Le fan de Dylan est heureux, il a vu un bon concert, il va aller de ce pas écouter le vol.8 des Bootlegs series et attendre avec impatience la sortie du 54ème album “Together through life”, le 28/04/2009 ! Vu la forme que tient le bonhomme, gageons que ce nouvel essai soit encore un coup de maître !

Le blog Toftaky’s Psychothèk – La musique qui fait rêver

Le jour où j’ai croisé Dylan… (7/7)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , , , , on 28 avril 2009 by Jeff

(pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

Addendum – Lendemain matin…

 

Bon, alors. 130 concerts par an, paraît-il… (???) Cachet estimé a 350 000 euros (ou dollars, je sais plus, mais ça change quoi pour nous, lol) par concert… Glané sur le net, donc sous toutes réserves…

Mais on pourrait en déduire plusieurs choses.

A 68 balais, et avec le fric déjà engrangé, plus celui qu’il gagne par concert, l’a certainement pas « besoin » d’en faire 130 par an, le Zim… C’est pas le fric qui le fait courir, le gaillard… (ça n’en reste pas moins une sacrée « cash-machine »…).

(et puis, si c’est pas spécialement pour le blé, et d’abord pour le fun, pourquoi alors forcément des places si chères ?…)

ça n’a en tout cas rien à voir, c’est sûr, avec quelques vieilles stars de la pop qui font quelques concerts l’été pour mettre du beurre dans les épinards. Euh dans le caviar… Mais ça doit pas être très bon ça…

Non, franchement, respect total pour ce concept du « Never ending tour », qui consiste à retravailler à chaque concert un répertoire vivant estimé à 400 chansons. Y’en n’a pas beaucoup, des artistes, de son âge qui plus est, qui auraient l’énergie de faire vivre et de rester fidèle à ce concept !

Et puis Dylan, fidèle à la légende : dérouter les fans, être où on ne l’attend pas, et à la limite permanente du sabordage de ses propres concerts (opération réussie pour ce qui me concerne…).

Respect donc, in fine…

Et content de l’avoir vu au moins une fois. J’aurais bien regretté de n’être pas allé, de n’avoir pas saisi cette occasion !

Il n’en demeure pas moins qu’on ne m’y reprendra plus : je me suis positivement fait chier, c’est clair !

Après le concert, article très mitigé des Dernières Nouvelles. Poli, dirons-nous. « Relégué » en pages régionales exclusivement. Presque un petit articulet, vu la légende vivante qui en est le sujet… mais ça ne valait pas plus il est vrai. Je pense aussi que les journaleux n’aiment pas (trop) être pris pour des cons, et n’apprécient pas de ne pas pouvoir ramener la moindre photo. Ils ont bien raison.

Voilà, il faudrait aussi dire un mot de la manière dont le « capitalisme » marchandifie tout, notamment, et par exemple à travers ces grands concerts massifiés : ce qui fut une révolte (je simplifie un peu vite…), la musique, nos émotions, etc.

On en dirait un mot, de cela, si l’on pensait que cela pourrait être le premier pas d’une réflexion qui pourrait ne pas déboucher dans l’impasse d’une sorte de « gauchisme » improductif…

Lénine disait, en substance, que le capitalisme était tellement cupide qu’il nous vendrait « jusqu’à la corde pour le pendre ». Pour la cupidité, pas l’ombre d’un doute. Pour le reste, pas sûr, Vladimir Ilitch… On en restera donc là. Pour l’instant. Goodbye Lénine…

Un jour, on dira « Goodbye Dylan ». Ce sera assez dur pour certains. Même le « never ending tour » aura pris fin. Et en comparaison de l’immensité des temps et de l’espace, les 1 000 ans de l’Empire romain d’Occident n’auront représenté pas même le craquement fugace d’une allumette dans la nuit…

 

(Voilà, avec ce septième volet, ma petite chronique est presque achevée. Il y aura encore juste un 7bis et un 7 ter, assez… intéressants et complémentaires je crois… Donc… revenez sans faute…)

Le jour où j’ai croisé Dylan… (6)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , on 27 avril 2009 by Jeff

 (pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

Ben non en fait ça ne démarre pas ! C’est encore une longue litanie de chansons « inconnues » et qui se ressemblent toutes… Je suis de plus en plus souvent assis. Et tout d’un coup, je dois me l’avouer, c’est incroyable, mais c’est la vérité : je me fais carrément chier, il faut être honnête, y’a pas d’autre mot ! Ah miracle, Moumoune me signale que Dylan est enfin au micro face à la salle. En effet, quelques instants. Et… Pour ce que ça change….

Ah tiens, de nouveau à son clavier là-bas à droite, il se met enfin à parler, pour la première fois de la soirée. Mais fausse alerte, d’après le peu que j’en comprends (ces anglophones sont incorrigibles, ils s’arrogent le droit de parler comme des mitraillettes, le reste du monde n’a qu’à les suivre…), c’est juste pour présenter ses musiciens. Oh, et encore, vaguement, comme un formalité… Et, peu après, le concert s’arrête tout net. On peut vraiment dire qu’il est parti en quenouille et a fini en eau de boudin lol… Genre un vague au revoir, vraiment très vague, et les types s’éclipsent carrément comme des voleurs. Comme la salle est pleine d’Alsaciens polis et disciplinés, on s’abstient de crier « aux voleurs » ;-o)) et on s’en va bien gentiment.

Moumoune me dit avoir eu envie de hurler à la fin, tellement la fin justement (et notamment) avait été nulle, et que si elle avait sans cesse applaudi c’était pour essayer d’y croire, et pour encourager l’artiste… Quoi, vous pensez qu’elle est un peu naïve parfois ? C’est vrai que filer 72 € à un type, et se sentir obligée de l’encourager pour qu’il daigne pousser la chansonnette correctement… Lol. Enfin, ça part d’un bon sentiment… C’est rapport aux 68 ans je suppose…

Et moi à la fin du concert, je me suis dit : la chronique douce-amère va se muer en chronique assassine…

Bonne nuit, Monsieur Dylan, dormez bien…

Bon, en conclusion pour dire vite, moi je n’ai pas vu un « mythe », mais alors là pas du tout ! J’ai vu un fantôme…

Finalement la seule preuve que j’ai d’avoir VRAIMENT vu Bob Dylan, c’est le billet du concert qui me reste. Ah oui, et puis le « programme officiel », celui sans Joan…

Pas complètement étonné, mais tout de même un peu… Et… Vraiment déçu…

(c’est pas fini, faut revenir demain ;-o))  )

(extrait d’un article du Monde de ce jour à propos de la sortie du nouvel album : « Together Through Life va son plaisant petit bonhomme de chemin ». On ne saurait mieux dire…)

Le jour où j’ai croisé Dylan… (5)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , on 26 avril 2009 by Jeff

(pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

Alors donc au bout de peut-être 40 minutes, « le mythe » se met à vraiment bouger, il touche trois instruments de suite, va finir par se mettre au synthé à droite de la scène, il est moins « à l’abri ». On voit son profil gauche maintenant : il n’a pas reçu de giclée d’acide. Dylan semble prendre les choses en main.

Quelques minutes plus tard cependant, la catastrophe se confirme : « enfin » une chanson connue (de moi…, ou « reconnue »…), « Just like a woman ». Connue, mais… sacrément massacrée!… Pour 72 €, je te la chante, façon :

1. J’ai un cancer de la gorge et c’est pathétique mais je ne peux pas faire mieux… (je sais, je devrais pas dire ça…)

2. Tout le monde sait que j’ai toujours chanté nasillard et à la limite faux, et c’est pas maintenant que je vais changer, et si j’ai envie de gueuler plutôt que de chanter, je fais comme je veux (OK, Bobbie, mais nous avons aussi attendu pendant deux heures pour entendre un ou deux instants de quand ta voix devient magique, et… c’est zéro sur toute la ligne… On aurait juste voulu entendre quelques secondes de cela et ça aurait presque suffi à notre bonheur, tu vois qu’on est pas très exigeant…)

3. Vous vous attendiez que je vous fasse ça façon bluette comme en studio, mais là on est live et moi je vous la fais rock (OK, Bobbie, mais alors faut le faire bien).

Bon, reconnaissons une chose : au moins il n’est plus voûté, il s’est redressé… Et il ne donne pas du tout l’impression de s’économiser, là ! On peut même dire : 68 ans, quelle santé, quel gaillard ! Quelques minutes plus tard, une autre chanson connue : « Like a rolling stone ». Bon, aussi assez massacrée… Mais enfin il se passe un peu quelque chose… La salle applaudit de manière moins convenue. Ça va enfin démarrer ce concert ?

La suite demain… @+ et revenez sans faute…

Le jour où j’ai croisé Dylan… (4)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , on 25 avril 2009 by Jeff

(pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

Bon, alors voilà : le mec qui sait pas dire bonjour enchaîne pas mal de chansons, toutes inconnues de moi (l’a un nouveau disque à vendre ? Suis pas au courant…) ou carrément trop massacrées pour qu’on les reconaisse ;-o)). Tonalité très « rock ». Mais toutes +/- « inconnues », ces chansons (sauf des spécialistes bien sûr). Bon, alors qu’un chanteur veuille promouvoir et simplement interpréter AUSSI d’autres chansons que ses tubes, très bien. Que Dylan ne choisisse pas facilité et démagogie, très bien. Qu’une fois de plus il se place ou on ne l’attend pas, admettons…

Je tente toujours de me rassurer, mais je pressens de plus en plus clairement que ce concert va être une vrai catastrophe… Je me dis que peut-être en deuxième partie, il va nous sortir ses « chansons connues », et les choses rentreront dans l’ordre, Dylan sera à nouveau Dylan…

Paske pour l’instant je vois un type habillé en gris, incapable d’aller au micro face au public, caché bien à l’abri de son « band ». Il sont tous en « uniforme » et chapeau gris, c’est carrément la grisaille ce truc… Les jeux de lumière sont inexistants, et, quand ils existent, ils sont carrément nuls : ah franchement, y se sont pas foulés pour ça, hein ! Et Dylan est constamment tourné vers la gauche de la scène, on dirait qu’il ne veut pas nous montrer son profil gauche. Keskispass : l’a été brûlé à l’acide ? Dylan est comme un peu voûté, il se déhanche vaguement sur place, franchement ça ne ressemble à rien… Et ça dure longtemps, longtemps comme ça…

Je me dis que je vais rédiger sur mon blog une chronique « douce-amère » à propos de ce concert… Je me dis : heureusement que je n’ai pas emmené les enfants voir le « mythe vivant » : kesk’ils se seraient fait ch… Je suis de moins en moins souvent debout, de plus en plus souvent assis…

Ah tiens, il se passe quelque chose !…

La suite demain… @+ et revenez sans faute…

 

N.B. Dans son commentaire ici   Moumoune craint qu’à la lecture de cette chronique les lecteurs puissent la prendre pour « une vieille qui reste à la maison », lol lol lol (quelle idée!…). Je rassure donc à la fois Moumoune et les lecteurs : Moumoune N’EST PAS « une vieille qui reste à la maison », c’est une executive woman super-stressée, tu sais c’est pas si facile etc. Décidément, il est beaucoup question de vieillesse dans cette histoire…

Le jour où j’ai croisé Dylan… (3)

Posted in De choses et d'autres... with tags , , , , on 24 avril 2009 by Jeff

 (pour 72 € quand même, hein, et d’assez loin…)

Bon alors, le premier truc qui m’inquiète un peu quand même, c’est que le concert commence à peu près à l’heure ! Juste 5 ou 6 minutes de retard, ça fait pas tellement « star mondiale », ça, et encore moins « mythe vivant »!… Je le sens plutôt se la jouer assez « fonctionnaire » (sorry pour eux, c’est une expression, hein…) : genre je commence à l’heure pour pas me coucher trop tard, et pour prendre ma tisane tranquillement, à une heure décente pour mon âge…

Remarquez bien que je préfère ça à Raphaël, que j’avais été voir il y a quelques mois : une heure et demie de retard, alors que son super méga « camion-domicile » de tournée était bien là juste à côté de la salle de concert, depuis plusieurs heures… Une heure et demie à attendre debout dans une salle bondée. Et PAS UN MOT d’excuse en arrivant sur scène : faut le faire, quand même !… Donc « Dylan, au moins, c’est pro » : je me rassure…

Deuxième truc que je trouve vraiment bizarre : voilà un mec, j’ai payé 72 € pour venir le voir, et il est pas capable de dire bonjour. Ni en arrivant sur scène, ni après la première chanson, ni la deuxième, ni la troisième, ni … jamais….

Bon, alors il commence par « Masters of War ». Tiens, dans le temps, il aurait peut-être dit un mot du sommet de l’OTAN qui venait d’avoir lieu à Strasbourg, avec tout ce déploiement permanent d’hélicoptères et de milliers de policiers, ces « pacifistes » allemands qu’on empêche de rejoindre les « pacifistes » français, comme d’habitude, et comme d’habitude pour des « raisons de sécurité », et de ce quartier populaire que l’on a laissé, je suppose aussi pour des raisons de « sécurité » à ce que les journalistes qualifient commodément de « casseurs ».

Bon, enfin, c’est sûr, quand on ne sait pas dire bonjour, même pas en Angliche, forcément on peut pas causer de ce genre de choses. Et à 68 balais, on a bien le droit de ne pas se préoccuper de l’actu… Dylan a-t-il d’ailleurs encore quelque chose à dire, à montrer, à faire sentir, en fait ?

La suite demain… @+ et revenez sans faute..